jeudi 5 décembre 2013

Bientôt de retour... sur CHpunK.org

Vous avez bien lu. Ce torche-cul est de retour... Des chroniques, des baratins fadasses, de la philosophie de comptoir, de l'engagement de loge de concierge et des conneries. Et des conneries. Et aussi... des conneries. Dans quelques jours, mais définitivement et uniquement sur Chpunk.org.


Blood & guts ! This shit is coming back. 
Go ahead, make my day, definitely, it will be there : chpunk.org
 

mardi 11 octobre 2011

...So limitless and free...


Pour ceux qui regardent encore ce "truc"
et veulent savoir pourquoi : plus77rien@yahoo.fr





NB : c'est "drôle" de stopper l'année de la mort de Poly Styrène (X Ray Spex), Phil Vane (voir ci-dessous) et Henrik Frykman (Disfear)... que des gens dont les talents ont bercé la jeunesse (et le présent) de votre serviteur.

jeudi 23 juin 2011

Nécro : Phil Vane

J'étais en train de m'engueuler en m'disant que je délaissais mon zine et qu'accessoirement j'ai pas loin de cinq chroniques en attente et quelques morceaux à enregistrer de mes vinyles, quand j'suis tombé là-dessus sur la toile : Phil Vane est mort. Je sais pas trop de quoi. Dans son sommeil a priori. 46 ans.
Ben merde.
Bon, des gens qui meurent je sais maintenant que ce sont des choses qui arrivent. Et même qu'il parait qu'un jour ça sera mon tour. N'empêche que ça fait étrange.
Pour ceusses qui n'auraient pas idée de qui que j'cause présentement, il s'agissait d'un des deux chanteurs/fondateurs d'Extreme Noise Terror. Groupe précurseur et, à ses débuts, phare du crust/grind.
Bref. ENT c'était surtout des vieux standards (de leur premier album de 1987 et du skeud précédent split avec Chaos UK) comme Carry on screaming, Shock Treatment, Human error, Bullshit propaganda, Murder (un vrai carton celui-là), System shit, dispo dans la playlist ci-dessous, autant de tubes, dont les titres sont devenus des noms de zines ou de groupes hardcore/crust.
Marquant à ses débuts, influences majeures dans le genre, moins convaincant par la suite, notamment dans certains de ses choix (de labels...), faut bien admettre que ça reste, même après l'équivalent d'une génération passée, très efficace.
Sinon pour reparler du bonhomme, il a aussi prêté sa gueulante dans Napalm Death (quand je disais qu'il y avait eu des choix discutables) dans les années 90.
En fin de liste, un des derniers morceaux du groupe (Short fuse) sorti 20 ans plus tard sur le split avec Driller Killer.

vendredi 27 mai 2011

KLASSE KRIMINALE
"The Rise and Fall of the Stylish Kids... Oi! una Storia"
Lp 14 titres

 J'ai failli croire qu'il s'agissait là d'une compile ou un truc du genre. La diversité des morceaux jouait en faveur de ma thèse. Avec l'équipe des Jeux de 20h on s'est mis sur l'affaire. L'enquête fut rude. D'abord parce que je misais beaucoup sur les origines italiennes de Maître Capello pour m'aider. Or, comme chacun ne le sait pas, il est d'origine roumaine. Ensuite parce qu'il s'avère être mort il y a peu. Reconnaissez que c'est un sacré manque de bol. J'aurais probablement du opter pour les gars de Soko Brigade des Stups. C'est des pros. Même si ils sont Allemands. C'est pas de leur faute.
 En tout cas j'ai appris qu'il s'agissait d'un concept album en hommage au punk dans son ensemble. On retrouve les mélodies et les chœurs de la oi ! légère du groupe, très souvent chantée en italien, mais avec plein de tendances. Ici les riffs à la Ramones, là le jeu de basse des Ruts (Destroy Babylon), des plans reggae clashiens ainsi qu'une multitude de ressemblances avec les vieux classiques du punk rock et de la oi ! de la fin des années 70 / début 80 (Sham 69 - les références à Pursey sont même dans les textes, Cock Sparrer, Angelic Upstarts, Stiff Little Fingers... et probablement d'autres.), avec quelques passages plus teigneux (autres influences ?) à droite à gauche.
 Remise des compteurs à zéro ? Baroude d'honneur ? Manque d'inspiration ou besoin de repuiser dans les vieux pots et les vieilles histoires ? Hommage sincère ? Tout à la fois ?
 Le résultat est là en tout cas. C'est bien fait. Vraiment bon. Les sujets abordés retracent en gros tous les grands instants de la vie du punk ou du skin de base (découverte de la musique qui s'oppose à la mode, d'une manière de voir et faire les choses, de la rébellion...), avec une conscience de classe (si-si) et une classe certaine (ben c'est même dans le titre). Tout ça en p'tite BD dans l'insert (ça casse pas trois pattes à un canard, mais c'est sympa).
 Alors, il y aura probablement ceux qui apprécieront ce Klasse Kriminale mâture, de qualité, ceux qui regretteront le fait que style du groupe s'estompe un peu face à cette débauche de plans, d'autres préfèreront réécouter les références en question, d'autres encore -joueurs- s'amuseront, entre potes, au quizz "Découvre sur qui on a pompé présentement"... ben dans le détail c'est pas toujours si évident... en tout cas ce genre de jeu laissera à ceux qui n'ont que ça dans la vie un excellent moyen de briller au moins une fois en société. Et rien que pour ça, pour eux - les pauvres - on dit merci KK.
 Heureusement pour moi, j'ai moyen de dire du mal. J'aime bien les vinyles colorés, c'est vrai, c'est chouette. Ils sont un peu plus fragiles que les autres, mais en en prenant soin ce n'est pas un problème. Nan, c'est vrai, j'aime bien. J'aime moins quand des Italiens ont leur skeud en rouge/blanc/vert, couleurs du drapeau national. C'est Berlusconi qui doit être content, les rebelles qui ne l'aiment pas en sont encore à vénérer leurs/ces/ses couleurs. Pas de quoi faire bien peur à l'ordre établi. On est pas sorti du sable.


Morceau en écoute : Eravamo Contro



jeudi 19 mai 2011

FABULOUS BASTARDS / CHUCHE MA GAILLETTE
split 25 cm, 2x5 titres.

La conscience de classe n'a plus cours. Salariés, chômeurs et précaires sont des catégories on ne peut plus floues aux variantes infinies. Rares sont ceux qui d'un bled à l'autre d'une catégorie à l'autre, d'un travail à l'autre, se rendent compte que nous ne sommes tous rien de plus que des traines-misère (en puissance).
C'est donc ici deux face d'une même galette, deux faces d'une même réalité. Celle du monde de l'usine, de la mine, devenue celle des p'tits boulots, du chomdu et tout le toutim.
Un tel sentiment "ouvrieriste" ne peut venir que de vieux mineurs (la gaillette étant un gros morceau de charbon. Quand j'étais môme et que je rentrais tout crade, on m'disait que "j'étôs "noâr comm' eun' gaillette") ou métallos ou encore de skinheads. Ce disque n'étant vraisemblablement pas une resucée des vieux tubes d'Edmond Tanière, j'en conclus deux choses : la première c'est que ce sont des skins (d'ailleurs ils le disent dans les chansons) ; la seconde que ce vinyle c'est de la oi !. Et tout ça du Nord-Pas de Calais ? J'en connais qui vont avoir les j'tons.
D'un côté comme de l'autre on y retrouve les préoccupations classique du genre mais avec de forts accents politisés (guerre de classe). Ce qui donne des choses presque marrantes à mon sens : une chanson sur le football (IDS [Interdit De Stade] de Chuche ma gaillette), c'est le genre de truc qui, déjà, me passe largement au-dessus du cigare (je ne sais même pas citer de tête un joueur/business-man actuel...), mais alors sur l'injustice que subissent les interdits de stade. D'abord je trouve ça aussi touchant que la démission de DSK de la présidence du FMI ou le dépôt du brevet d'invention du jokari en 1938 par Louis-Joseph Miremont (c'est pas des conneries), ensuite je ne savais même pas que ça existait. Une interdiction de stade serait une bonne occasion de se désintoxiquer du foot et passer à la lecture, mais les deux n'étant pas incompatibles (parait-il), je conseillerais volontiers les "condamnés" en question, si jamais leur opium leur manque trop, de se contenter des matchs de quartier ou des matchs des petits patelins. Les gamins ont davantage besoin de soutien que le sport-business.
J'avoue, désolé (enfin, pas vraiment), avoir un profond mépris pour des millionnaires (ou milliardaires, quand on aime, on ne compte pas) au QI d'une tanche trisomique courant en short, qui pis est après une balle, même en cuir. Mais vraiment : profond. Outre la vacuité totale de leur activité professionnelle, je ne peux supporter de voir un tel manque de classe de la part de gens aussi fortuné. Moi qui vous parle, j'ai eu l'occasion de jouer au foot dans ma tendre enfance... et bien, je ne souhaite ça à personne les séances de galipettes dans l'herbe avec 20 autres "pue-la-sueur" en shorts ; short grâce auquel on voit tes burnes au moindre mouvement de jambes !! Comprenez que des comptes en banque sur crampons, ce n'est pas de la plus grande élégance mais quant au reste... bon je pense qu'il est inutile de s'apesantir.
Revenons à notre disque : l'ambiance unitaire, contestataire, libertaire, est plaisante, évidemment. Anars, antifascistes, que demander de plus ?
La zique quant à elle, c'est la oi!, de la vraie, avec-avec du poil : sorte de tchoucapunk carré et, dans notre présent cas, avec un son pas dégueu. Même si elle ne prend pas de pincette, elle remplie son office par tous les trous (office, pas orifice... franchement, bonjour le niveau !). Je m'explique : la oi ! c'est bien quand c'est subtile car pas nécessairement attendue à ce niveau là. Or les deux groupes ont tout le talent pour l'être mais loupent parfois un peu le coche. Alors, sans être déçu par une recette éprouvée et bien saucée sur ce coup [voix poussée, quoique parfois trop dans les parties chantées de Fabulous Bastard - ça peut lasser ; rythme carré ; tempo moyen (quoique plus vif pour CHG) ; hargne à peine contenue], bien menée côté pile comme face, on se demande pourquoi on se contente de si peu de gimmicks de grattes qui pourraient apporter velours et moelleux aux vieux jeans robustes mais râpeux. Prenons "Fracture d'une vie" des Fabulous Bastards. Tout y est dans cette chanson, l'air, les refrains, le petit solo bien placé... un tube, c'est un tube. On retrouve d'ailleurs des éléments similaires dans l'efficacité du morceau IDS (toujours lui et toujours de CMG). Et ben, de ce genre de titre il en faudrait davantage... une version studio et avec un bon son de "Skins de Lille", déjà présent sur la démo et ici en live, par exemple ; encore mieux : un vrai album pour les deux maintenant que l'on a l'eau (ou la bière, choisissez) à la bouche, rien qu'avec des chansons de cet acabit. Chiche.
Qu'importe tout cela, transporté par l'exaltation revendicative des refrains en chœurs, pour l'instant, quand on écoute ce disque, on s'étonne à serrer les poings nerveusement. J'aurais aimé parfois, en plus de ça, siffloter plus facilement les airs.
Ah mais, j'ai failli oublier : la rébellion ne s'arrête pas là, puisqu'adopter un tel format (25cm) à l'heure du téléchargeable, du downloadable, du transférable, est en soi un acte de résistance.
Vinyle blanc.


Morceau en écoute (à venir) :
(Fabulous Bastards, Fracture d'une vie )
Site web : Fabulous Bastards
Chuche ma gaillette
Label : autoprod



Déclinaison "California Sun"

Incroyable. En créant cette nouvelle rubrique (rock'n roll radio), j'avais quelques idées en tête. Les reprises sont légions dans le punk rock, remonter aux sources plus des masses compliqué de nos jours, donc j'aurais le débarras des anchois. Mais, entre le temps qui manque, puisque par le truchement de la dictature fasciste du temps les journées ne font que 24h, et les occasions manquées, je n'ai guère la possibilité d'étayer cette rubrique. Pire ! : quand il y a moyen de le faire c'est sur cette unique chanson : California Sun ! Du coup, je remonte ce post une nouvelle fois puisque dans mon immense et incommensurable inculture j'avais oublié la version des proto-punks de The Dictators de 1975.
(ouais euh sinon... ouais, y'a des chroniques qui arrivent... doucement. C'est fou ce qu'ils sont pressés les gens !)

Allo, les rats, qu'est-ce que vous attendez pour émigrer sous le soleil du Midi ?
OK, on y pense... (enfin... pour moi, c'est fait maintenant)

Le punk-rock n'a pas cessé de pomper à droite à gauche pour balancer une bonne sauce.
Un jour tu kiffes un brulôt d'OTH (à part les paroles) et tu découvres le lendemain qu'il ont sucé les Ramones qui eux-même étaient allés déterrer un vieux tube des Rivieras...
Je remonte ce post car je viens -enfin- de refoutre la main sur une version plus ancienne que les Rivieras : un des papys du Rythm'n blues : Joe Jones !
En l'occurrence je veux parler de California Sun (devenu "Le soleil du Midi")

D'abord, donc, et en retard, la version de 61 de Joe Jones :


La version de 1964 (qui fut un tube) de The Rivieras :


La quelque peu oubliée des Dictators, datée de 75 :


Celle, inévitable, des Ramones en 77 :


Et l'inénarrable adaptation des OTH en 86 :


J'inaugure ici une nouvelle section dans ce zine, "rock'n roll radio" :
Dès que j'ai souvenir ou que je retombe sur des reprises de vieuseries, j'essaierai de les placer. Un peu d'histoire (ou de souvenir donc...) sans prétention, ça m'fait marrer.
Si jamais vous connaissez des versions antérieures n'hésitez pas à me filer le tuyau, je complèterai.

jeudi 28 avril 2011

BURNING LADY / DISTURBANCE
split Lp 4 + 5 titres

 Commençons par le plus rapide : la face Burning Lady.
 Ce sont les morceaux précédemment sortis en autoprod sur CD il y a quelques mois.
 Je vous renvoie donc à la chronique ici-même. Je n'ai rien à y ajouter, rien à y retirer. Les amateurs de vinyles pourront enfin profiter de cette galette.
 La face Disturbance :
 On n'y croyait plus pourtant ils reviennent. Après un second album (chez DPR toujours) qui envoyait du bois et les copeaux avec, des concerts et tournées en pagaille Disturbance avait fait un break pour ne pas dire splitté. Trop d'activité tue. Regonflé à bloc le groupe est retourné en studio et fait la tournée qui va bien, mais a tout de même un peu levé le pied pour le reste. Grand bien leur fasse, toujours est-il que les quelques titres de ce disque nous montre qu'ils n'ont rien perdu de leur hargne et de leurs influences chaos-punk.
 Les morceaux sont vraiment bien fichus, en anglais évidemment (quel dommage, quand on sait à quel point le néerlandais se pose bien sur les musiques violentes), et alternent les purs moments de punkrock et de street avec un savoir faire qui égale bien celui qu'il a fallu au chanteur pour faire une aussi belle iroquoise.
 Quant la musique bourrine, les refrains/choeurs percutent, quand l'accent n'est pas mis sur le refrain, c'est sur l'air. Les meilleurs instants du punk à glaviot exploitedo-chaosukiens (voix agressive-jeu de batterie bien présent) sont réunis sur une galette, alors pourquoi s'en priver ?
Vinyle blanc.

Morceau en écoute (à venir) :
(Disturbance, Something to believe in [moi, j'crois en rien et ça m'va, m'enfin bon...])
Site web : Disturbance
pas de site pour BL, juste une page maille-spèce

Label : Dirty Punk Records



vendredi 15 avril 2011

DOKUGA / MOTORNOISE
split cd 7 + 8 titres

 Dokuga me font le coup du téléphone arabe (d'ailleurs faudra qu'on m'explique en quoi il est arabe ce téléphone, parce que le concept est bien universel). D'abord y'a Discharge qui tombe dans l'oreille d'un métalleux. Ça donne Anticimex des années 90. Écouté par des crusties ça te donne un bon paxon de dis-bands, à leur tour écoutés et régurgités par mes Portugais de Dokuga qui nous prennent le créneau sauce aux graviers avec voix rocailleuse genre félin dans la gorge qui n'a pas fini de déchirer les cordes vocales. C'est sale à souhait, pompe ce qu'il faut à qui il faut (le son de basse peu saturée m'évoque les suédois suscités - surtout sur "Caminhos perdidos" qui aurait pu être écrite, gimmicks de grattes inclus, à Malmö ou Göteborg entre 1990 et 1993 - ou encore me rappelle les derniers temps de Wolfbrigade) et tout ça avec la bonne idée de ne pas pratiquer que l'anglais... rien que pour la sonorité, déjà, ça fait plaisir. Et bien dans le lot du hc-punk/crust qui sent des pieds (mais pas trop), je valide. Surtout sans effets de manches trop métal.
 Leurs camarades de bac à sable (même pays, même ville), Motornoise, nous la font moins épais, des influences punk/hardcore sensiblement similaires (encore du scandinave là-dedans), et/mais, parfois avec un peu de saxo ! Oui ma bonne dame ! Moi qui, pas plus tard que y'a pas longtemps, versait une larme sur le premier Korrupt et évoquait avec une pointe de nostalgie dans le vibrato de mes pensées tant X-Ray Spex que le premier Kochise, réécoutant dans la foulée, pantois, ce qui semble être l'unique album (Murretaan ja vallataan) du groupe finlandais (défunt ?) Melena, avec un plaisir non dissimulé, voyait mon vœux exaucé : un groupe punk pas gentillet avec un sax' ! Mais - garez vos miches - pas de pouet-pouet sous skankant, festoche de mes deux ou quoi que ce soit ! Non : des plans free-jazz ! Mais il n'y en a pas suffisamment à mon goût. Par contre, quand la quantité est au rendez-vous, cela donne un aspect un peu plus bordélique voire... apocalyptique aux morceaux. Et je dois dire que l'effet c'est du tout ou rien, soit t'accroches, tu t'pends au lustre par les pieds en évitant de faire pipi sous toi et tu en veux davantage, soit, carrément, ça te pète les noix parce que tu ne supportes pas les mélanges et que le pastaga tu le bois sans eau.
 Pour ma part, et c'est bien la seule qui m'intéresse présentement, j'en raffole. Surtout avec des glaçons.

Prends-toi ça dans la goule :
(Motornoise, Novo punks)
Site web : aucun, juste des pages myspace de si peu d'intérêt
Label : ???



samedi 19 février 2011

The SCARRED "At Half Mast"
Lp 11 titres

 Les ricains n'ont pas fini de nous énerver. Ben oui, quoi de plus sympathique que de détester un pur produit de l'oncle Sam ? Á part cracher à la face d'un journaliste de Canal +, je ne vois pas.
 Et dans nos sphères punkoïdales, on a l'embarras du choix... mais que fait Dirty Punk ? Il s'arrange nous en dénicher des bons. Mais à l'heure de la mal bouffe, des crises financières à répétition, de l'impérialisme US sans concession, n'est-ce pas anti-français de ne pas flatter notre anti-américanisme primaire ? C'est dégueulasse. Comment, avec toute la mesquinerie qui me caractérise, tout le courage qui est le mien (celui d'un internaute planqué au chaud derrière son clavier) vais-je bien pouvoir dire du mal d'un groupe qui joue bien et se trouve être plaisant tout en étant purement et simplement dans la droite ligne du punk-rock américain ultra-typé et calibré ?
J'avoue que je me suis un peu creusé la tête.
 Premier réflexe : celui de me crisper la feuille de chou face au gros son. Gonflé, travaillé et propre. Et si le biau capiau du chanteur ne nous évoquait pas celui de Tim Amstrong (qui n'est pas noir, mais blanc de peau) [chanteur] de Rancid, les sonorités de ce punk-rock bien foutu se charge de nous rappeler le lien de parenté (entre Rancid & The Scarred, et tant d'autres groupes qui marchent dans les pas des premiers...).
Second réflexe : se mettre les préjugés, ou les jugements hâtifs, dans le derrière et se laisser bercer par le flot (yo !).
Low Life ou Panic ! m'ont émoustillé les conduits de cheminée, à faire tourner en boucle la face B. Car même si je ne suis pas un aficionados de ce punk-rock un brin trop bien fait, il faut reconnaître quand les mélodies ou les morceaux sont bien construits et font mouche. Et qu'il ne se la joue pas autant que les références sus-cités.
 Donc, et même si ça me coûte, j'arrête cinq minutes de faire du mauvais esprit : tout cela est pas mal du tout ; les amateurs de gros-gros rock'n roll, de bon street, avec chœurs, puissance et tout le toutim, trouveront ici leur pesant de beurre de cacahuètes.
 C'est donc très logiquement que la parturition provient de Dirty Punk Records sous la forme d'un beau vinyle rouge transparent version européenne du troisième album des dits lascars sorti en cd en 2009.

En écoute, un bon exemple de ce que sont capables ces gins
(Low Life)
Site web : The Scarred
Label : Dirty Punk Records



ABATS + La SOCIÉTÉ ELLE A MAUVAISE HALEINE
split Lp - 7 + 8 titres

 L'anarchopunk français a une vraie touche finalement. Et pas le mi, qui est une note pas mineure mais moyenne alors que, quitte à choisir, ce premier préférerait évidemment un do aussi majeur que le doigt qu'il (je parle toujours de l'anarchopunk) brandit ostensiblement face à l'autorité. Musicalement, il y a peu de points communs entre le style en question joué par des individus nés entre la ligne Maginot et la côte Atlantique, et celui pondu par des énergumènes d'outre-Manche. Pourtant rien n'est écrit et rien ne les pousse à se stéréotyper de la sorte. Et pourtant... l'exception française - mon bon monsieur - est bien là et n'est, dans ce cas, qu'une histoire de boîte à rythmes. Ou presque. Mais je ne m'étendrais pas là-dessus, j'en connais qui sont déjà passé à la chronique suivante, voire ont tout bonnement viré ce blog pourri de leurs marques-pages d'un clic droit rageur. Je me contenterait juste d'ajouter que l'on devrait recenser tous les groupes actuellement avec boîte-à-rythmes et faire le compte des anars dans le lot. Pour voir. Il y aurait des surprises. Et ma thèse s'en verrait très certainement vérifiée.

 Depuis les démos, LSEAMH a su garder une démarche et un style bien caractéristique : punk-rock direct, avec double gueulante mixte, toujours tendue et agressive, des grattes bien stressées et une basse présente, mais chaque fois plus travaillée, virevoltante et percutante, des airs et peu de mélodies. Des concessions ? Ben, maquache. Ils prennent le petit Sante Geronimo par la main et lui montrent comment fonctionne une marmite pour qu'il arrête de jouer avec ce couteau, un jour il va blesser quelqu'un cet apache ! Un tel geste citoyen est honorable. C'est beau.
Asservissement, lobotomie, pouvoir et manipulation... à chaque fois que je les écoute, sur ces thèmes, j'me dis "y'a pas de doute, au moins ils font le tour". Faut dire qu'il y a matière.
 La Société s'offre le luxe de reprendre des standards et / ou les copains histoire de se faire plaisir et c'est en général bienvenue (Nacht & Nebel, Haine Brigade, Fourmi Delta).
 Et Abats dans tout ça ? Ah bah... il y a comme un air de famille... similaire, pas identique. Plus hardcore ou - soyons fous - crust, peut-être ? [la reprise d'Aus Rottent le prouve] Léger, mais palpable. Même si musicalement, je trouve le tout moins accrocheur que la face opposée.
 Ma foi, on ne peut pas dire que ces deux groupes ne se sont pas trouvés. Ce split est l'évidence même. Un peu comme la bière avec la frite.
N'a-t-on pas bientôt fini avec toute cette contestation ?! L'autorité, les médias, rien ne trouve-t-il donc grâce à leurs yeux ?! Tout est bafoué, tout !
Et on en redemande.
 Ah ouais, non. Il faut que je dise du mal : bordel de foutre-cul ! Pourquoi qu'y'a rin eud' marqué sur eul' tranche de m'pochette, hein !? Quand j'range min skeud dans l'discothèque, j'peux nin l'vire !

Si j'ai une très nette préférence pour le titre "Casse ta télé" (de La Société) et de son final, le morceau n'est pas en écoute ici, car l'intégralité l'est sur leur site (cf ci-dessous).
Labels : Punk's shadow ; Dissidance records ; Maloka ;
We told you to play fast ; Deviance
et encore plein d'autres...
Site web : La Société Elle A Mauvaise Haleine
Abats

Attempt of ENGLISH resume

lundi 24 janvier 2011

The BOMBETTES "Get out of my trailer, sailor !"
Lp 10 titres

C'te groupe m'avait fait vibrer le lobe sur quelques titres de Eps. L'album est sorti sans tambours ni trompettes l'année dernière (le label ayant sombré dans l'apathie la plus totale), je serais bien passé à côté si je ne suivais pas assidûment le devenir des groupes qui me plaisent. La petite dizaine de titres tournent bien ; la sauce (toujours ce mélange de punkrock - guitares pas doucereuses - et quasi pop - voix féminine forte mais chantante voire parfois "naïve", entre l'acide et le moëlleux) prend admirablement bien tout au long de la galette. Un reproche majeur est à leur faire selon moi : le mauvais choix dans l'ordre des morceaux. Quand on tient un tube comme "Cherry shot", qui, de par ses gimmicks de guitares, accroche méchamment, on ne le met pas d'emblée en première ligne, direct sur le front ! Non, on le chérit (facile celle-là), on le bichonne, on le love amoureusement au cœur même de la meule : en plein milieu de l'album, entre deux chansons moyennes pour relancer un rythme susceptible de s'essouffler !!
Mais une bonne fois pour toute pourquoi chanter en anglais quand le suédois sied tant au punk-rock ?! Au moins des textes qui ne volent pas haut obtiendraient le bénéfice du doute quant à leur profondeur.
Quoi d'aut' qui cloche ? Un poil trop gentillet peut-être... même si cette bande de nanas joue savamment les "décalées".

Bon, ben, parce que le choix s'impose de lui-même le tube du disque (Cherry Shot) :

Label : Ny vag
Site web : aucun, juste un maillespèce sans intérêt.

dimanche 12 décembre 2010

GREENLAND WHALEFISHERS "Songs from the Bunker" cd 15 t.

Greenland Whalefishers distillent depuis quelques skeuds un folk-punk-rock pur malt élevé en fut de chêne capable de tenir la dragée à n'importe quelle bande de vieux alcoolos irlandais. Y'en a d'autres qui ont essayé... 's'en sont pas toujours sorti avec les honneurs.
Alors vous allez me dire : "ouais, mais c'est facile, les Irlandais depuis que leurs banques ne font pas faillite avec le pognon que les pauvres n'ont pas mais qu'on (banquiers, états...) leur ponctionne quand même, ils sont dans le désespoir le plus total".
Je répondrais alors, à peine courroucé qu'on vienne m'emmerder dans mes chroniques : "Un, je vois pas le rapport, va falloir arrêter la fumette ; de deux, l'Irlande est un pays sacrifié depuis longtemps... par l'Angleterre, par l'Europe... par la finance, le capitalisme... ; de trois, je ne vois toujours pas le rapport dans le contexte."
Revenons à nos moutons (irlandais !).
Ce nouvel album ne déroge pas à la règle qu'ont su instaurer ces Norvégiens : instruments traditionnels (mandoline, pipeau, banjo, Tin Whistle (flûte irlandaise), violon...) sur fond de rock punk (avec LA voix qui convient parfaitement à l'ambiance maltée, celle du chanteur, héritier des meilleurs parties de Shan Mac Gohan jeune). On y alterne donc les balades, le punkfolkeux, ou le mix des deux. S'il est certain qu'ils ne sont pas les seuls à pratiquer, ils font partie des rares à exceller.
Voilà. Maintenant que c'est dit, on peut ajouter qu'a contrario cet album commence fort avec une introduction qui laisse espérer le meilleur de la crême (et même de la crêmerie, du lait aux veaux en passant par les vaches, cochons et couvées), mais se "contente" de faire dans la cam de qualité. Un album, certes méchamment bon, mais quand on connait à quel point ces petits fumiers excellent dans le gros tube, on ne peut que regretter qu'aucune chanson n'en soit totalement.
Demi-teinte, en résumé ?
Pas vraiment, c'est un très bon album. Presque indispensable, mais que l'on écoutera plusieurs fois avant de pouvoir faire le deuil de l'absence de chanson(s) bien "à part" que l'on goûte(nt) par dessus-tout, et d'apprécier à leur juste valeur les mélodies et les arrangements à plus d'un titre exceptionnels.
Une chose dommage : l'absence d'identité visuelle ; sans typo, ni logo commun, les pochettes déjà peu inspirées n'évoquent jamais véritablement la personnalité du groupe.

En écoute, un bon vieux titre des familles (Police chief inspector) :
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Labels
: Dirty Old Man rec. ; Rebellion rec. ; Rock Em Dead rec. ; Oi ! Tapes distro ; DeadLamb rec. ; Punker Pages ; Cider City rec.
Website : Greenland Whalefishers

samedi 11 décembre 2010

DEATHRAID "all life end" Lp 14 titres

Si d'année en année, si de décennie en décennie (et beeh, oui, maintenant, oui), vous avez suivi de près ou de loin les périgrinations sonores des anciens de Disrupt, il y a fort à parier que vous aurez eu les boites à sirop emplies du boucan qui gicle de cet album bien avant moi. D'autant qu'il s'agit de leur seconde galette (et que j'ai purement et simplement loupé le premier). Après State of Fear et Consume (mais il y a d'autres récidivistes dans le lot, vous m'excuserez si je ne les cite pas tous, le son étant uniquement et particulièrement ressemblant avec les deux derniers), Deathraid poursuit le traitement jusqu'à guérison complète des plaies. Pour l'instant elles suppurent abondamment.
Le but des lascars semble clair : faire saigner du nez les pisse-froid du rock navrant et chiasseux, produits ex-nihilo des tenanciers des mass-media ; faire dégueuler ses tripes par les oreilles à cette catafalqueuse pop niaiseuse singeant et pompant - attardés nécrophages - des ancêtres, déjà morts-nés à leur époque, dont les dépouilles ne méritaient même pas le vers qui les bouffât, nous rebattant les choux-fleurs de ses miévreries pour crétins décérébrés bon qu'à tenir une télécommande, une manette ou un téléphone portable.
Mission accomplie.
Deathraid c'est la quintessence du crust ricain, qui ne surgonfle pas à outrance, ne métalise pas à outrance, reste affreux et sale, basse saturée et guitares stressées, assure pour autant l'efficace, piquant souvent au hardcore scandinave, régulièrement au disbeat non-standardisé, et sporadiquement au rock graisseux (étonnant et transitoire Lay down the hope, savamment dosé). Autant dans l'incisive agressivité des instants de bourrinage que les parties en mid-tempo, c'est du bon rien que du bon.
Encore une fois, si vous connaissez S.o.F. ou Consume, vous y trouverez une suite logique, un style d'écriture, une gueulante... la totale.
A écouter sans relâche.

Pour le bien être des orties, v'là du son (Citizen scapegoat) :
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Label : Agipunk
site web : encore un maille-spèce qui n'nous apprend que dalle !

lundi 8 novembre 2010

"Le Président des riches" - livre 222 p.

J'hésite souvent... couardise, ignorance ou sagesse ?
Ne pas passer à l'acte, ne pas tomber dans le terrorisme le plus basique ou une véritable propagande par le fait, ne pas prendre les armes, ne pas s'organiser pour dégommer du richard, est-ce de la sagesse ?
Est-ce parce que l'on sait que, dans un tel contexte, pourtant si propice à l'envie de meurtre, qu'agir de la sorte ne ferait qu'enfler la répression et ne ferait qu'aggraver la situation ?
Est-ce une chance pour ces dirigeants (actionnaires du cac40, politiciens-laquais/représentants des précédents, juges à la solde, journalistes en vue, club "Le Siècle", etc...) d'avoir comme victimes des sclérosés de la violence ?
Fut-ce de leur part une tactique délibérée de nous endoctriner, de nous habituer à courber l'échine ? Probablement pas... trop compliqué à planifier. Quoi que de temps en temps certains se regroupent pour tout de même un peu discuter des affaires à faire sans avoir affaire avec les affairés de la terre, les forçats... etc, etc.
En tout cas, s'il n'y a plus eu de cas tel Georges Besse depuis 86, ce n'est certainement pas parce que la violence sociale et économique de la guerre des classes se serait atténuée. Au contraire, la classe des riches (pour employer les mots de Warren Buffet) mène le combat et la violence qu'elle a employée, qu'elle emploie est systématique (systématique ?) agressive, avec ce sentiment revanchard qu'elle cultive depuis l'après-guerre.
Le désespoir qu'engendre ce sentiment d'une inéluctable fin des "acquis sociaux", d'un retour aux conditions de vie précaires, devrait nous pousser vers plus de violence. Or, si elle s'affirme dans nos quotidiens au cœur des banlieues et des rapports sociaux dégradés, elle ne prend pas pour cible les responsables pourtant facilement identifiables, et souvent clairement identifiés par le quidam.
Non pas que je regrette l'absence de radicalité ciblée, meurtrière, dans les violences politiques que serait susceptible de mener le bon peuple à l'encontre de ses dirigeants, je ne souhaite la mort de personne. Ça fait des martyrs et ça ne mène finalement pas très loin, admettons-le. Mais je m'interroge vraiment sur la manière dont la dépolitisation et la déculturalisation de classe a fait son œuvre et la manière dont on nous a finalement abruti.
Toujours est-il que dans le cadre de notre (re ?)conquête de notre conscience de classe, (re ?)construction d'un mouvement populaire contestataire, nous nous devons de bien connaître nos ennemis.

Je ne ferais pas dans l'original avec ce bouquin. Son titre est évocateur. Mais il va bien au-delà de l'anti-sarkozysme de base qu'il est de bon d'adopter quand on veut être dans le coup, dans le vent, bath, in, hype.
Le bouquin est davantage une méthode à mimile pour argumenter contre la cohorte de dominants, et, bien que Sarkozy soit le pivot de cette cohorte de profiteux, il n'en est pas l'unique cible et c'est bien un système qui est ici, épluché, expliqué, démontré, démonté, dévoilé, dénoncé.
Il y a encore vingt ans, tout se passait dans le feutré, à l'abri des regards, et quand un scandale éclatait, il s'en suivait une démission. De la poudre aux yeux c'est vrai. D'autres, déshonorés de s'être faits gaulés allaient jusqu'au suicide. Y'a le beau geste tout de même. Rare mais beau. Vieille école qui a fait son temps.
Le népotisme, les passes-droits, la corruption... tout se passe quasiment au grand jour, on s'en cache à peine ; seul la langue de bois et le double discours ont toujours cours, le reste n'a plus lieu d'être. L'ère Sarkozy a définitivement enterré les pratiques de camouflage de l'ancienne génération. Le totalitarisme capitaliste les met à l'abri de tout. Absolument de tout. "Ils" ont tout pouvoir.
Mais qui sont ces "ils" ? Comment se concrétise toute cette corruption et ces avantages aux dominants ? Et quels sont exactement ces dominants ? Quelles sont leurs territoires (et accessoirement quels sont les nôtres) ?
Des exemples concrets, des anecdotes loin d'être de simples détails, une sociologie des rapports de pouvoir et donc de force, et au final quelques propositions (si elles ne sont pas toutes convaincantes, elles sont le mérité d'une d'exister, de deux de faire un tant soit peu réfléchir), c'est en gros ce que proposent les auteurs.
Un travail titanesque regroupant toutes les affaires, histoires et arrangements tournant autour des personnalités du clan Sarkozy.
Des dirigeants du Cac40, aux juges-copains, aux conseillers arrivistes en tout genre : de quoi bénéficient-ils à l'ère du tout-capital ? Comment sont-ils avantagés et choyés par les gouvernants et particulièrement par le gouvernement actuel ? Le bouquin (re?)donne des faits précis.
Où se placent-ils sur l'échelle du pouvoir mais aussi sur la carte de Paris.
Certains passages donnent la nausée, chaque exemple donne la sardonite aigüe.

Pour qui suit un peu les aventures rocambolesques de nos gouvernant, de nombreuses pages font office de piqûre de rappel. Rien ne pourra étonné l'anar convaincu ou le gaucho total, mais étudier à la loupe tous les aspects de cette forme de pouvoir permet d'avoir une vision globale des choses.
Les conclusions avancées en forme de propositions (droit de vote obligatoire, interdire purement et simplement le cumul des mandats...) pour une amorce de changements ne pourront convaincre tous ceux pour qui les institutions doivent être rasées. Pour ceux qui se posent encore des questions et qui n'ont qu'un maigre espoir dans les changements rapides, totaux et radicaux, il est possible qu'ils y trouvent quelques pistes de réflexion.
Rien dans ces courtes propositions ne m'ont véritablement convaincu, mais face à l'absence de projet réalisable immédiatement...

Éditeur : Zones éditions
Auteur(s) : Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot

mercredi 22 septembre 2010

Warvictims + Uncurbed "split Lp" 16 titres

Ca fait du bien d'entendre qu'Uncurbed savent jouer... bon ça fait un moment semble-t-il, mais je ne tentais plus trop le coup avec eux : ça sombrait dans le tout-venant à chaque coup. Mais là, ça thrashe comme si la vie de leur chat en dépendait ("bum on a subway"). Basse ronflante ; son revu dans les graves ; un batteur qui, sans faire dans la mécanique de précision, ne joue pas les métronomes ; de la distortion en veux-tu en voilà, et des poissons volants, volants comme des goélands.
Un Uncurbed graissé au cambouis, c'est furieusement métal, c'est inspiré par-dessus le marché, tendu comme un string, haineux comme il faut : les premières notes à la Skitsystem de "a brand new day" confirme qu'il se place là où ça cogne, c'est sale et c'est ça qui est bon. Un chouille de dis-beat planqué dans un déluge de guitares et v'là de bombes ("trashcan blues", "padded cell")
Manque un peu de chansons en suédois (1 ["det bittra slutet"] sur 8 c'est un peu léger) mais en tout cas c'est clair qu'ils ne sont pas là pour se beurrer la biscotte.
Contrairement à Uncurbed, Warvictims privilégie leur langue. J'aime bien ça.
Ils reviennent à (/n'ont jamais cesser de faire) un crust au bon vieux rythme à la Discharge typé, racé, élevé au rang de tradition scandinave... une mayo qui prend quel que soit le temps qu'il fait, une sauce réussie, aboutie. Que dire sur ce groupe qui n'aura pas été dit des milliers de fois sur un dis-band ? J'en sais trop rien, si ce n'est que les soli n'sont pas perraves (oh... deux ou trois dispensables peut-être, mais dans le lot, ça passe) et que contrairement à tant d'autres, eux ne lassent pas.
Je vais plagier un zine que je lisais dans le temps (mais dont j'ai oublié le nom, hélas) : prenez tous les disbands, Discharge tombe à l'eau. Qui reste-t-il ? Warvictims.

En écoute, "Bum on a subway" d'Uncurbed, le baffe de la galette :
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label : D-Takt & Råpunk records
(pour la version vinyle) / BlackSeed Records (pour la version cd)
site : Uncurbed / Warvictims (R. Murdochspace)

samedi 28 août 2010

Masshysteri "s/t" Lp 10 titres

Près de 2 mois d'attente pour obtenir le vinyle. Le premier pressage étant parti comme des p'tits pains (chocolatines), le label a fait presser fissa le second façon citron.
J'ai donc poireauté. Enfin... pas trop... j'avoue avoir laisser traîner l'oreille le long du macadam d'un site de diffusion en ligne sur lequel le label (loin d'être très "marchand", je rassure les frileux/ses qui me penserait déjà vendu [pas pour si peu cher, mes gens, y'a un minimum]) a placé quelques groupes en écoute. Et je ne le regrette pas un seul instant. Je ne pouvais pas attendre davantage ce second album tant le premier m'avait paru exceptionnel (je regrette d'avoir trop attendu à le chroniquer dans ces pages d'ailleurs) ; j'avais déjà chopé des plaques d'eczéma d'impatience.
Merde voilà des jeunes qui savent y faire. Et jusque dans leur dégaine, c'est tout un pan des 70ies qui y passe... avec ce petit goût de chiotte pour les chemises pourries qui, d'après mes sources bien informées, a aussi fait fureur auprès du hardcoreux belges du début des années 90 et mon oncle à moustache en 86. Tout est dans tout, que voulez-vous.
C'est donc avant tout un sentiment et un son purement 77 qui frappe, avec une intensité qui n'aurait d'égale (au pire) que les purs instants de génies des Adverts ou d'un X Ray Spex.
Les compositions sont vraiment travaillées. Pas prétentieuses, juste mortellement torchées, elles ont toujours ce petit truc ajouté qui ne les limitent jamais au simplissime couplet/refrain. Oui, oui, bon, on en revient toujours au même : c'est du talent. Et ils arrivent à en avoir davantage que sur leur premier jet (Var del av stan, ma chronique s'apprêtait à être tout aussi dithyrambique que celle-ci).
Finalement ça évoque surtout des danois... oui, je sais, j'ai l'air de me contredire puisque je tapais dans l'angliche pur souche sus-mentionnés, mais le côté un peu dépouillé/épuré de la gratte, le chant mixte bien torché, ces allures savamment négligées font penser à Gorilla Angreb. Mais en plus subtil. J'y tiens.
Comme il y a des anciens de The Vicious et qu'ils chantent en suédois, on retrouve une idée commune avec Tristess, déjà évoqués tous deux dans ces pages.
Ici et là, j'ai lu qu'ils pouvaient faire penser à No Hope for the kids ou X. Bon, dans le côté punk rock inspiré pour les premiers, peut-être, dans la voix de la chanteuse pour les seconds, certainement. Pour le reste, je vous laisse voir... enfin, écouter.
Masshysteri c'est le don de faire du subtil sans en avoir l'air : commencer une chanson on ne peut plus classiquement et en faire un tube que t'apprécie davantage au fur et à mesure qu'elle avance et que tu passes et rapasses (Satans Barn) ; balancer de la mélancolie sans faire dans la soupe (Vintern) ; torcher un brulôt... des brulôts... bon sang, c'est pas la peine que je fasse le tour de toutes les chansons : à chaque écoute, chacune d'entre elles, pour une raison ou une autre, me semble la meilleure. Juste un bémol à ce que tu viens de lire car Dom kan inter höra musiken, est tout de même probablement l'apogée de cet album et accessoirement, du moins pour ces temps-ci, ma chanson préférée toute catégorie.
Autre phénomène rare et non-négligeable est ce bon goût dans l'enchaînement des chansons... (pour une fois que l'ordre a du bon... euh, pardon que l'ordre soit bon ! Gniark ! Gniark !).
D'aucuns pourraient se laisser aller (une forme forme d'incontinence mentale) en déclarant, l'année prochaine, cet album "meilleur skeud de la précédente décennie". Si j'abonderais volontiers dans ce sens, je tenterais aussi le coup en avançant qu'il sera probablement aussi le meilleur des deux premières de ce siècle.

Satans Barn en écoute. Parce qu'il fallait bien choisir une...
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label : Ny Vag
Site : Masshysteri (leur espace... cherche, tu trouveras)

Claysea "slave state" Ep 5 titres

Je suis heureux de partager aujourd'hui avec vous le sentiment que m'a procuré cette galette qui restera dans l'histoire du crust comme le plus grand moment crust dans ma stéréo ces 3 derniers mois.
Il y a un quart de siècle de cela un groupe anglais qui nous couvre aujourd'hui de décharge, pardon, de son ombre symbolique signait... merde, j'ai oublié la suite... putain, c'est con !! J'avais torché un putain de papier avec un discours comme quoi je rêve de trucs super balèze pour l'humanité et accessoirement les punks qui puent les pieds (pas des, les !). Un trucs aux p'tits oignons, quoi ! Et v'là qu'un débile mental renverse sa bière sur ma gueule et mon papier. Mon discours, bordel !! Illisible !! Putain d'brin ! En fait tu crois que les punks picolent, mais non, ils renversent les 3/4 !! Bordel tu poses ta bière quand les autres ont un papelard dans les mains ; tu poses ta bière quand tu zieutes les vinyles du copain qui fait sa distro ; tu poses ta bière quand tu pisses ! C'est un minimum, quoi !! Bon bref, j'en étais où, moi, avec ces conneries ?
Mon truc causait de... fait chier, je dois tout faire de tête !
Claysea.
Ouais.
Bon, comment tu prononces ce nom à la con, là ?!!
Quoi !!??
J'suis véner' merde, j'aimerais t'y voir : tu torches un truc qui pourrait marquer les 5 générations à venir et un malpropre te salope ta feuille avec son urine d'âne frelatée (une bière de concert, quoi).
Ouais, je reprends, ouais.
Claysea.
T'as déjà entendu les premiers Chaos UK ? Oui ? OK.
T'as déjà entendu Extreme Noise Terror ? Oui ? OK.
T'as déjà entendu Disclose ? Oui ? OK.
(si tu as répondu non à ces 3 questions, t'as plus qu'à prendre des cours du soir... c'est pas compliqué, le net est là pour t'aider)
Bon ben c'est tout. Avec Claysea t'as tout ça : de la grosse voix rocailleuse, de la gueulante plus braillarde, de la distortion et de la saturation plein pot (en Jap', j'ai forcément pensé Disclose, mais dans le mid-tempo "Consumed for rules" évoque ChaosUK [en écoute ci-dessous]), du crust, du crust et du crust (z'avez remarqué, on revoit apparaître le mot originel "stench" !), une grosse chiée de Dis-beat non-édulcoré et choucrouté au napalm (les quasi-scandinaves (dans l'inspiration) pour ne pas dire anticimexiens "Publix daze / slave state" et "Eternal agony"), et roule poupoule.

Je ne suis pas certain que dans deux mois je fredonnerai gaiement entre les vignes les douces mélopées de ces Japonais, mais quand j'm'en mets une lampée, sur les bords et même un peu au milieu j'suis bien.
En gros c'est des méchants pas franchement contents, quoi.

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label : Detonate Records
site web : Claysea

jeudi 19 août 2010

Tout vient à point

Oyez !

Pas eu le temps de mettre à jour ces derniers temps.
Des nouveautés, y'en a : du crust japonais, et de la douille suédoise à ne plus savoir quoi en foutre... mais il faut un peu de temps.
Encore une semaine ou deux le temps de remettre de l'ordre dans le foutoir de not' déménagement et, qui sait ? peut-être en profiterais-je pour pondre une refonte de l'esthétique du bazâââârrr.

A + les poilu(e)s.

jeudi 11 mars 2010

EDOUARD NENEZ et les Princes de Bretagne "Prise de chou" cd 14 titres

Après le musicalement approximatif mais fendard "Chou Fleur nucléaire" et après l'inénarrable "Extension du dolmen de la hutte" (et son titre phare - à fossette, à paupière, au choix : "Les punks de 40 ans"), le gars Edouard reviende. Les fans de mime se régaleront.
La dernière phrase du paragraphe précédent n'est là que pour brouiller les pistes.
Les connaisseurs avaient probablement déjà eu le loisir de mater le drôlatique scopitone du non moins rigolo tube "Connard en camping-car" (visib'e sur le site d'Edouard) qui nous a fait (difficilement) patienter (l'attente fut très longue).
Il est important de comprendre qu'Edouard Nenez et les princes c'est un peu comme Crass : davantage qu'un groupe musical, c'est un concept.
L'anarchopunk ami rira à la lecture de la dite comparaison, l'anarchopunk amish, lui, m'enverra une lettre d'insultes (parce qu'il n'a pas inventé la poudre et donc peut difficilement m'envoyer une bombe).
Pour preuve qu'ENELPDB est un concept, ENELPDB a tenté une explication documentaire afin que tout à chacun puisse se faire une idée de ce qu'est ENELPDB. C'est disponible ici (toujours plus ou moins au même endroit, tu l'auras remarqué). Je vous invite donc à y jeter un œil (si possible celui qui n'est pas poché, c'est plus pratique) avant de poursuivre plus avant la lecture de ce billet.
Cette chose ainsi faite, vous pouvez continuer. Merci.
Entre chanson, ska/reggae, punkrock et franche poilade, Edouard balance une sauce délirante, mixant passion ("Bobono") et banane flambée ("Psychodrame [avec banane]"), almanach Vermot ("Des ohms pour la résistance") et lancé de pavé [avec ricochets] ("Incendie %" et son refrain entêtant : "Brûlons les écoles de commerce !").
Même si 2 ou 3 titres sont des re-sucés (une reprise des Poppys : "Non, non, rien a changé" - un standard ; "Ouest-France" : excellent fond de tiroir de l'époque Franz Kultur et les cramés - si je ne m'abuse , déjà enregistré sur le single "les Punks de 40 ans" ; "Gloire à Édouard" dont on ne se lasse pas même s'il était déjà sur le 1er album), la totale passe comme une gouleyante gorgée de votre liquide favori.
En plus... en plus, Edouard est le seul punk sénile à savoir encore parler d'amour avec un grand Q.
La preuve : "Enfin une véritable chanson d'amour" (sortez les briquets et coupez "Dirty Dancing" pendant 4mn51 [mais si, tu vas y arriver])










vendredi 5 mars 2010

ATTENTAT SONORE "le syndrôme de Stockholm" Lp 8 titres

Comme toute chronique qui se respecte, c'est avec un certain retard, pour ne pas dire un retard certain, que je la fous en ligne.
Ce n'est ici pas la qualité du disque qui est en cause, mais simplement ma glandite aigüe. Et accessoirement la flotte dans ma cave, mais ça c'est autre chose.
8 titres "béton".
Alors. Béton. N'importe quel écolo de bas étage ou maçon un tant soit peu professionnel devrait s'insurger rien qu'à l'évocation de se matériau miteux et me dire que comme expression merdique ça se pose là (non, pas ici, là). Explication :
- le béton est gris. Souvent. On peut l'agrémenter et en faire plein de choses différentes, avec des couleurs différentes, et pourtant c'est surtout le béton de bas étage qui est produit, rapidement, facilement, pas cher (toute proportion gardée). Ce n'est en aucune façon le cas de ce disque, léché, racé, beau de profil. Les titres sont bien foutus et font mouche.
- le béton vieillit mal. C'est un matériau qui se désagrège bien plus rapidement que ce que les constructeurs racontent. Quel bâtiment de 20ans en béton n'a pas besoin d'un rafraîchissement, d'un cataplasme ? Aussitôt construit, aussitôt pourri.
Or le "Syndrôme" est produit pour durer car intemporel. Le son est bon, mais sans surcharge de touffe, les airs reconnaissables. Dans 10 ans, tu le réécouteras en disant : "ça n'a pas pris une ride". Et si jamais tu l'as pas forcément adoré... et bien tu le réécouteras et hurlera "mais pourquoi j'ai pas percuté à l'époque !?"
- Le béton pollue. Le ciment qui est un de ses composants est produit en énorme quantité or sa production est responsable de 5 à 7 % des émissions de gaz carbonique d'origine industrielle.
Vous me rétorquerez que le vinyle ne doit pas être franchement plus "glop". Pas faux, mais les quantités pour le skeud de AS sont bien moindre, sa durée de vie bien plus importante. Et surtout l'écoute du disque est bon pour la santé.
- Si ton voisin du dessus a bon goût et qu'il écoute ce disque, tu profiteras du son. Le béton est un très bon conducteur sonore. (ce qui explique qu'il t'est possible de pondre l'emploi du temps de la pupute crêchant à côté de chez toi car elle ne vire jamais ses pompes à talons...)
Bref, il serait plus logique de parler d'un disque magnifiquement orchestré, genre "pierre de taille". Mais vous admettrez tout de même que l'expression "c'est un skeud pierre de taille", n'est pas immédiatement percutant.
Le double chant mixte (titres en français et anglais...) se pose super bien... et avec quelques subtilités mélodiques et dans la construction du morceau font d'un titre comme "Rien qu'un été bleu marine" un tube planétaire (ouais au moins... tu remarqueras le vocabulaire directement issu des meilleurs moments du Top 50), talonné par "Dirty 70's" (ah ce final de streetpunker...) et l'incontournable "Punx with brain" (déjà entendu sur une précédente prod, non ?).
Excellent moment. Mais on s'y attendait. Non ? (t'as visé les labels, fieu ? Y'a du linge qui voulait la voir sortir cette galette !).
Je crois que le cd vient avec quelques kdo bonux dont quelques titres du Ep "Barricades 1905".
Ah pis j'ai oublié de dire que la pochette claque sa mère (et rien que pour ça, le vinyle, c'est quand même un peu plus sympa).
En écoute : le morceau sus-encensé (c'est drôle à dire "sus-encensé"... c'est pas très français, mais c'est rigolo), "rien qu'un été bleu-marine".