lundi 8 novembre 2010

"Le Président des riches" - livre 222 p.

J'hésite souvent... couardise, ignorance ou sagesse ?
Ne pas passer à l'acte, ne pas tomber dans le terrorisme le plus basique ou une véritable propagande par le fait, ne pas prendre les armes, ne pas s'organiser pour dégommer du richard, est-ce de la sagesse ?
Est-ce parce que l'on sait que, dans un tel contexte, pourtant si propice à l'envie de meurtre, qu'agir de la sorte ne ferait qu'enfler la répression et ne ferait qu'aggraver la situation ?
Est-ce une chance pour ces dirigeants (actionnaires du cac40, politiciens-laquais/représentants des précédents, juges à la solde, journalistes en vue, club "Le Siècle", etc...) d'avoir comme victimes des sclérosés de la violence ?
Fut-ce de leur part une tactique délibérée de nous endoctriner, de nous habituer à courber l'échine ? Probablement pas... trop compliqué à planifier. Quoi que de temps en temps certains se regroupent pour tout de même un peu discuter des affaires à faire sans avoir affaire avec les affairés de la terre, les forçats... etc, etc.
En tout cas, s'il n'y a plus eu de cas tel Georges Besse depuis 86, ce n'est certainement pas parce que la violence sociale et économique de la guerre des classes se serait atténuée. Au contraire, la classe des riches (pour employer les mots de Warren Buffet) mène le combat et la violence qu'elle a employée, qu'elle emploie est systématique (systématique ?) agressive, avec ce sentiment revanchard qu'elle cultive depuis l'après-guerre.
Le désespoir qu'engendre ce sentiment d'une inéluctable fin des "acquis sociaux", d'un retour aux conditions de vie précaires, devrait nous pousser vers plus de violence. Or, si elle s'affirme dans nos quotidiens au cœur des banlieues et des rapports sociaux dégradés, elle ne prend pas pour cible les responsables pourtant facilement identifiables, et souvent clairement identifiés par le quidam.
Non pas que je regrette l'absence de radicalité ciblée, meurtrière, dans les violences politiques que serait susceptible de mener le bon peuple à l'encontre de ses dirigeants, je ne souhaite la mort de personne. Ça fait des martyrs et ça ne mène finalement pas très loin, admettons-le. Mais je m'interroge vraiment sur la manière dont la dépolitisation et la déculturalisation de classe a fait son œuvre et la manière dont on nous a finalement abruti.
Toujours est-il que dans le cadre de notre (re ?)conquête de notre conscience de classe, (re ?)construction d'un mouvement populaire contestataire, nous nous devons de bien connaître nos ennemis.

Je ne ferais pas dans l'original avec ce bouquin. Son titre est évocateur. Mais il va bien au-delà de l'anti-sarkozysme de base qu'il est de bon d'adopter quand on veut être dans le coup, dans le vent, bath, in, hype.
Le bouquin est davantage une méthode à mimile pour argumenter contre la cohorte de dominants, et, bien que Sarkozy soit le pivot de cette cohorte de profiteux, il n'en est pas l'unique cible et c'est bien un système qui est ici, épluché, expliqué, démontré, démonté, dévoilé, dénoncé.
Il y a encore vingt ans, tout se passait dans le feutré, à l'abri des regards, et quand un scandale éclatait, il s'en suivait une démission. De la poudre aux yeux c'est vrai. D'autres, déshonorés de s'être faits gaulés allaient jusqu'au suicide. Y'a le beau geste tout de même. Rare mais beau. Vieille école qui a fait son temps.
Le népotisme, les passes-droits, la corruption... tout se passe quasiment au grand jour, on s'en cache à peine ; seul la langue de bois et le double discours ont toujours cours, le reste n'a plus lieu d'être. L'ère Sarkozy a définitivement enterré les pratiques de camouflage de l'ancienne génération. Le totalitarisme capitaliste les met à l'abri de tout. Absolument de tout. "Ils" ont tout pouvoir.
Mais qui sont ces "ils" ? Comment se concrétise toute cette corruption et ces avantages aux dominants ? Et quels sont exactement ces dominants ? Quelles sont leurs territoires (et accessoirement quels sont les nôtres) ?
Des exemples concrets, des anecdotes loin d'être de simples détails, une sociologie des rapports de pouvoir et donc de force, et au final quelques propositions (si elles ne sont pas toutes convaincantes, elles sont le mérité d'une d'exister, de deux de faire un tant soit peu réfléchir), c'est en gros ce que proposent les auteurs.
Un travail titanesque regroupant toutes les affaires, histoires et arrangements tournant autour des personnalités du clan Sarkozy.
Des dirigeants du Cac40, aux juges-copains, aux conseillers arrivistes en tout genre : de quoi bénéficient-ils à l'ère du tout-capital ? Comment sont-ils avantagés et choyés par les gouvernants et particulièrement par le gouvernement actuel ? Le bouquin (re?)donne des faits précis.
Où se placent-ils sur l'échelle du pouvoir mais aussi sur la carte de Paris.
Certains passages donnent la nausée, chaque exemple donne la sardonite aigüe.

Pour qui suit un peu les aventures rocambolesques de nos gouvernant, de nombreuses pages font office de piqûre de rappel. Rien ne pourra étonné l'anar convaincu ou le gaucho total, mais étudier à la loupe tous les aspects de cette forme de pouvoir permet d'avoir une vision globale des choses.
Les conclusions avancées en forme de propositions (droit de vote obligatoire, interdire purement et simplement le cumul des mandats...) pour une amorce de changements ne pourront convaincre tous ceux pour qui les institutions doivent être rasées. Pour ceux qui se posent encore des questions et qui n'ont qu'un maigre espoir dans les changements rapides, totaux et radicaux, il est possible qu'ils y trouvent quelques pistes de réflexion.
Rien dans ces courtes propositions ne m'ont véritablement convaincu, mais face à l'absence de projet réalisable immédiatement...

Éditeur : Zones éditions
Auteur(s) : Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot

mercredi 22 septembre 2010

Warvictims + Uncurbed "split Lp" 16 titres

Ca fait du bien d'entendre qu'Uncurbed savent jouer... bon ça fait un moment semble-t-il, mais je ne tentais plus trop le coup avec eux : ça sombrait dans le tout-venant à chaque coup. Mais là, ça thrashe comme si la vie de leur chat en dépendait ("bum on a subway"). Basse ronflante ; son revu dans les graves ; un batteur qui, sans faire dans la mécanique de précision, ne joue pas les métronomes ; de la distortion en veux-tu en voilà, et des poissons volants, volants comme des goélands.
Un Uncurbed graissé au cambouis, c'est furieusement métal, c'est inspiré par-dessus le marché, tendu comme un string, haineux comme il faut : les premières notes à la Skitsystem de "a brand new day" confirme qu'il se place là où ça cogne, c'est sale et c'est ça qui est bon. Un chouille de dis-beat planqué dans un déluge de guitares et v'là de bombes ("trashcan blues", "padded cell")
Manque un peu de chansons en suédois (1 ["det bittra slutet"] sur 8 c'est un peu léger) mais en tout cas c'est clair qu'ils ne sont pas là pour se beurrer la biscotte.
Contrairement à Uncurbed, Warvictims privilégie leur langue. J'aime bien ça.
Ils reviennent à (/n'ont jamais cesser de faire) un crust au bon vieux rythme à la Discharge typé, racé, élevé au rang de tradition scandinave... une mayo qui prend quel que soit le temps qu'il fait, une sauce réussie, aboutie. Que dire sur ce groupe qui n'aura pas été dit des milliers de fois sur un dis-band ? J'en sais trop rien, si ce n'est que les soli n'sont pas perraves (oh... deux ou trois dispensables peut-être, mais dans le lot, ça passe) et que contrairement à tant d'autres, eux ne lassent pas.
Je vais plagier un zine que je lisais dans le temps (mais dont j'ai oublié le nom, hélas) : prenez tous les disbands, Discharge tombe à l'eau. Qui reste-t-il ? Warvictims.

En écoute, "Bum on a subway" d'Uncurbed, le baffe de la galette :
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label : D-Takt & Råpunk records
(pour la version vinyle) / BlackSeed Records (pour la version cd)
site : Uncurbed / Warvictims (R. Murdochspace)

samedi 28 août 2010

Masshysteri "s/t" Lp 10 titres

Près de 2 mois d'attente pour obtenir le vinyle. Le premier pressage étant parti comme des p'tits pains (chocolatines), le label a fait presser fissa le second façon citron.
J'ai donc poireauté. Enfin... pas trop... j'avoue avoir laisser traîner l'oreille le long du macadam d'un site de diffusion en ligne sur lequel le label (loin d'être très "marchand", je rassure les frileux/ses qui me penserait déjà vendu [pas pour si peu cher, mes gens, y'a un minimum]) a placé quelques groupes en écoute. Et je ne le regrette pas un seul instant. Je ne pouvais pas attendre davantage ce second album tant le premier m'avait paru exceptionnel (je regrette d'avoir trop attendu à le chroniquer dans ces pages d'ailleurs) ; j'avais déjà chopé des plaques d'eczéma d'impatience.
Merde voilà des jeunes qui savent y faire. Et jusque dans leur dégaine, c'est tout un pan des 70ies qui y passe... avec ce petit goût de chiotte pour les chemises pourries qui, d'après mes sources bien informées, a aussi fait fureur auprès du hardcoreux belges du début des années 90 et mon oncle à moustache en 86. Tout est dans tout, que voulez-vous.
C'est donc avant tout un sentiment et un son purement 77 qui frappe, avec une intensité qui n'aurait d'égale (au pire) que les purs instants de génies des Adverts ou d'un X Ray Spex.
Les compositions sont vraiment travaillées. Pas prétentieuses, juste mortellement torchées, elles ont toujours ce petit truc ajouté qui ne les limitent jamais au simplissime couplet/refrain. Oui, oui, bon, on en revient toujours au même : c'est du talent. Et ils arrivent à en avoir davantage que sur leur premier jet (Var del av stan, ma chronique s'apprêtait à être tout aussi dithyrambique que celle-ci).
Finalement ça évoque surtout des danois... oui, je sais, j'ai l'air de me contredire puisque je tapais dans l'angliche pur souche sus-mentionnés, mais le côté un peu dépouillé/épuré de la gratte, le chant mixte bien torché, ces allures savamment négligées font penser à Gorilla Angreb. Mais en plus subtil. J'y tiens.
Comme il y a des anciens de The Vicious et qu'ils chantent en suédois, on retrouve une idée commune avec Tristess, déjà évoqués tous deux dans ces pages.
Ici et là, j'ai lu qu'ils pouvaient faire penser à No Hope for the kids ou X. Bon, dans le côté punk rock inspiré pour les premiers, peut-être, dans la voix de la chanteuse pour les seconds, certainement. Pour le reste, je vous laisse voir... enfin, écouter.
Masshysteri c'est le don de faire du subtil sans en avoir l'air : commencer une chanson on ne peut plus classiquement et en faire un tube que t'apprécie davantage au fur et à mesure qu'elle avance et que tu passes et rapasses (Satans Barn) ; balancer de la mélancolie sans faire dans la soupe (Vintern) ; torcher un brulôt... des brulôts... bon sang, c'est pas la peine que je fasse le tour de toutes les chansons : à chaque écoute, chacune d'entre elles, pour une raison ou une autre, me semble la meilleure. Juste un bémol à ce que tu viens de lire car Dom kan inter höra musiken, est tout de même probablement l'apogée de cet album et accessoirement, du moins pour ces temps-ci, ma chanson préférée toute catégorie.
Autre phénomène rare et non-négligeable est ce bon goût dans l'enchaînement des chansons... (pour une fois que l'ordre a du bon... euh, pardon que l'ordre soit bon ! Gniark ! Gniark !).
D'aucuns pourraient se laisser aller (une forme forme d'incontinence mentale) en déclarant, l'année prochaine, cet album "meilleur skeud de la précédente décennie". Si j'abonderais volontiers dans ce sens, je tenterais aussi le coup en avançant qu'il sera probablement aussi le meilleur des deux premières de ce siècle.

Satans Barn en écoute. Parce qu'il fallait bien choisir une...
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label : Ny Vag
Site : Masshysteri (leur espace... cherche, tu trouveras)

Claysea "slave state" Ep 5 titres

Je suis heureux de partager aujourd'hui avec vous le sentiment que m'a procuré cette galette qui restera dans l'histoire du crust comme le plus grand moment crust dans ma stéréo ces 3 derniers mois.
Il y a un quart de siècle de cela un groupe anglais qui nous couvre aujourd'hui de décharge, pardon, de son ombre symbolique signait... merde, j'ai oublié la suite... putain, c'est con !! J'avais torché un putain de papier avec un discours comme quoi je rêve de trucs super balèze pour l'humanité et accessoirement les punks qui puent les pieds (pas des, les !). Un trucs aux p'tits oignons, quoi ! Et v'là qu'un débile mental renverse sa bière sur ma gueule et mon papier. Mon discours, bordel !! Illisible !! Putain d'brin ! En fait tu crois que les punks picolent, mais non, ils renversent les 3/4 !! Bordel tu poses ta bière quand les autres ont un papelard dans les mains ; tu poses ta bière quand tu zieutes les vinyles du copain qui fait sa distro ; tu poses ta bière quand tu pisses ! C'est un minimum, quoi !! Bon bref, j'en étais où, moi, avec ces conneries ?
Mon truc causait de... fait chier, je dois tout faire de tête !
Claysea.
Ouais.
Bon, comment tu prononces ce nom à la con, là ?!!
Quoi !!??
J'suis véner' merde, j'aimerais t'y voir : tu torches un truc qui pourrait marquer les 5 générations à venir et un malpropre te salope ta feuille avec son urine d'âne frelatée (une bière de concert, quoi).
Ouais, je reprends, ouais.
Claysea.
T'as déjà entendu les premiers Chaos UK ? Oui ? OK.
T'as déjà entendu Extreme Noise Terror ? Oui ? OK.
T'as déjà entendu Disclose ? Oui ? OK.
(si tu as répondu non à ces 3 questions, t'as plus qu'à prendre des cours du soir... c'est pas compliqué, le net est là pour t'aider)
Bon ben c'est tout. Avec Claysea t'as tout ça : de la grosse voix rocailleuse, de la gueulante plus braillarde, de la distortion et de la saturation plein pot (en Jap', j'ai forcément pensé Disclose, mais dans le mid-tempo "Consumed for rules" évoque ChaosUK [en écoute ci-dessous]), du crust, du crust et du crust (z'avez remarqué, on revoit apparaître le mot originel "stench" !), une grosse chiée de Dis-beat non-édulcoré et choucrouté au napalm (les quasi-scandinaves (dans l'inspiration) pour ne pas dire anticimexiens "Publix daze / slave state" et "Eternal agony"), et roule poupoule.

Je ne suis pas certain que dans deux mois je fredonnerai gaiement entre les vignes les douces mélopées de ces Japonais, mais quand j'm'en mets une lampée, sur les bords et même un peu au milieu j'suis bien.
En gros c'est des méchants pas franchement contents, quoi.

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label : Detonate Records
site web : Claysea

jeudi 19 août 2010

Tout vient à point

Oyez !

Pas eu le temps de mettre à jour ces derniers temps.
Des nouveautés, y'en a : du crust japonais, et de la douille suédoise à ne plus savoir quoi en foutre... mais il faut un peu de temps.
Encore une semaine ou deux le temps de remettre de l'ordre dans le foutoir de not' déménagement et, qui sait ? peut-être en profiterais-je pour pondre une refonte de l'esthétique du bazâââârrr.

A + les poilu(e)s.

jeudi 11 mars 2010

EDOUARD NENEZ et les Princes de Bretagne "Prise de chou" cd 14 titres

Après le musicalement approximatif mais fendard "Chou Fleur nucléaire" et après l'inénarrable "Extension du dolmen de la hutte" (et son titre phare - à fossette, à paupière, au choix : "Les punks de 40 ans"), le gars Edouard reviende. Les fans de mime se régaleront.
La dernière phrase du paragraphe précédent n'est là que pour brouiller les pistes.
Les connaisseurs avaient probablement déjà eu le loisir de mater le drôlatique scopitone du non moins rigolo tube "Connard en camping-car" (visib'e sur le site d'Edouard) qui nous a fait (difficilement) patienter (l'attente fut très longue).
Il est important de comprendre qu'Edouard Nenez et les princes c'est un peu comme Crass : davantage qu'un groupe musical, c'est un concept.
L'anarchopunk ami rira à la lecture de la dite comparaison, l'anarchopunk amish, lui, m'enverra une lettre d'insultes (parce qu'il n'a pas inventé la poudre et donc peut difficilement m'envoyer une bombe).
Pour preuve qu'ENELPDB est un concept, ENELPDB a tenté une explication documentaire afin que tout à chacun puisse se faire une idée de ce qu'est ENELPDB. C'est disponible ici (toujours plus ou moins au même endroit, tu l'auras remarqué). Je vous invite donc à y jeter un œil (si possible celui qui n'est pas poché, c'est plus pratique) avant de poursuivre plus avant la lecture de ce billet.
Cette chose ainsi faite, vous pouvez continuer. Merci.
Entre chanson, ska/reggae, punkrock et franche poilade, Edouard balance une sauce délirante, mixant passion ("Bobono") et banane flambée ("Psychodrame [avec banane]"), almanach Vermot ("Des ohms pour la résistance") et lancé de pavé [avec ricochets] ("Incendie %" et son refrain entêtant : "Brûlons les écoles de commerce !").
Même si 2 ou 3 titres sont des re-sucés (une reprise des Poppys : "Non, non, rien a changé" - un standard ; "Ouest-France" : excellent fond de tiroir de l'époque Franz Kultur et les cramés - si je ne m'abuse , déjà enregistré sur le single "les Punks de 40 ans" ; "Gloire à Édouard" dont on ne se lasse pas même s'il était déjà sur le 1er album), la totale passe comme une gouleyante gorgée de votre liquide favori.
En plus... en plus, Edouard est le seul punk sénile à savoir encore parler d'amour avec un grand Q.
La preuve : "Enfin une véritable chanson d'amour" (sortez les briquets et coupez "Dirty Dancing" pendant 4mn51 [mais si, tu vas y arriver])










vendredi 5 mars 2010

ATTENTAT SONORE "le syndrôme de Stockholm" Lp 8 titres

Comme toute chronique qui se respecte, c'est avec un certain retard, pour ne pas dire un retard certain, que je la fous en ligne.
Ce n'est ici pas la qualité du disque qui est en cause, mais simplement ma glandite aigüe. Et accessoirement la flotte dans ma cave, mais ça c'est autre chose.
8 titres "béton".
Alors. Béton. N'importe quel écolo de bas étage ou maçon un tant soit peu professionnel devrait s'insurger rien qu'à l'évocation de se matériau miteux et me dire que comme expression merdique ça se pose là (non, pas ici, là). Explication :
- le béton est gris. Souvent. On peut l'agrémenter et en faire plein de choses différentes, avec des couleurs différentes, et pourtant c'est surtout le béton de bas étage qui est produit, rapidement, facilement, pas cher (toute proportion gardée). Ce n'est en aucune façon le cas de ce disque, léché, racé, beau de profil. Les titres sont bien foutus et font mouche.
- le béton vieillit mal. C'est un matériau qui se désagrège bien plus rapidement que ce que les constructeurs racontent. Quel bâtiment de 20ans en béton n'a pas besoin d'un rafraîchissement, d'un cataplasme ? Aussitôt construit, aussitôt pourri.
Or le "Syndrôme" est produit pour durer car intemporel. Le son est bon, mais sans surcharge de touffe, les airs reconnaissables. Dans 10 ans, tu le réécouteras en disant : "ça n'a pas pris une ride". Et si jamais tu l'as pas forcément adoré... et bien tu le réécouteras et hurlera "mais pourquoi j'ai pas percuté à l'époque !?"
- Le béton pollue. Le ciment qui est un de ses composants est produit en énorme quantité or sa production est responsable de 5 à 7 % des émissions de gaz carbonique d'origine industrielle.
Vous me rétorquerez que le vinyle ne doit pas être franchement plus "glop". Pas faux, mais les quantités pour le skeud de AS sont bien moindre, sa durée de vie bien plus importante. Et surtout l'écoute du disque est bon pour la santé.
- Si ton voisin du dessus a bon goût et qu'il écoute ce disque, tu profiteras du son. Le béton est un très bon conducteur sonore. (ce qui explique qu'il t'est possible de pondre l'emploi du temps de la pupute crêchant à côté de chez toi car elle ne vire jamais ses pompes à talons...)
Bref, il serait plus logique de parler d'un disque magnifiquement orchestré, genre "pierre de taille". Mais vous admettrez tout de même que l'expression "c'est un skeud pierre de taille", n'est pas immédiatement percutant.
Le double chant mixte (titres en français et anglais...) se pose super bien... et avec quelques subtilités mélodiques et dans la construction du morceau font d'un titre comme "Rien qu'un été bleu marine" un tube planétaire (ouais au moins... tu remarqueras le vocabulaire directement issu des meilleurs moments du Top 50), talonné par "Dirty 70's" (ah ce final de streetpunker...) et l'incontournable "Punx with brain" (déjà entendu sur une précédente prod, non ?).
Excellent moment. Mais on s'y attendait. Non ? (t'as visé les labels, fieu ? Y'a du linge qui voulait la voir sortir cette galette !).
Je crois que le cd vient avec quelques kdo bonux dont quelques titres du Ep "Barricades 1905".
Ah pis j'ai oublié de dire que la pochette claque sa mère (et rien que pour ça, le vinyle, c'est quand même un peu plus sympa).
En écoute : le morceau sus-encensé (c'est drôle à dire "sus-encensé"... c'est pas très français, mais c'est rigolo), "rien qu'un été bleu-marine".